27/11/2006

Les semelles de la passante

de tous temps je me suis toujours dit que un jour viendrait où toute la lumière se ferait jour. Un jour où l'ombre, les ombres, n'auraient plus droit de cité. Bof, des rêves d'adolescent qui se perpetuent. Un monde sans ombres!!! Non, mais, et quoi encore? L'ombre est la raison pure de la lumière. Et puis les zones d'ombre sont la lumière des peintres. Et des photographes.

"... Mais eux, qui ont creusé petit à petit dans leur cerveau un long chemin de colimaçon, ils se contentent de jeter un coup d'oeil en arrière pour s'assurer que le fil qu'ils secrètent ne s'est pas rompu au dernier tournant. C'est pourquoi ton genre de questions les embarasse. Elles les empêchent de trouver leur chemin. D'ailleurs, comment peux-tu dire que j'exagère? Tous ces hommes mûrs, ces belles intelligences n'ont jamais fait que s'envelopper d'un filet dont chaque maille renforce la précedante, de sorte que l'ensemble a l'air merveilleusement naturel; mais où se cache la première maille, celle dont tout le reste dépen, nul ne sait. Nous n'avions pas parlé aussi gravement de tout cela; c'est qu'on n'aime pas beaucoup en faire des discours, mais tu peux te rendre compte maintenant de la faiblesse des  opinions dont les gens se contentent concernant le monde. Ce n'est que leurre, duperie, imbécilité et anémie. Leur cerveau  a tout juste la force d'élaborer sa petite théorie, mais celle-ci, à peine dehors, tremble de froid, tu comprends?Ah la la! toutes ces fines pointes,ces cimes dont nos professeurs nous disent qu'elles sont trop hautes pour que nous y puissions  toucher encore, elle sont mortes, gelées, tu m'entends? On voit s'élever de toutes parts ces pointes de glace, on les admire, mais personne n'en peut rien tirer, tant elles sont privées de vie!

(Les désarrois de l'élève Torless de Robert Musil)

 

et encore moi, en gymnastique matinalemoi au lit

L'élève Torless c'est toi et moi. Nous devons aller à l'école de la Vie. Puiser comme dans un puit sans fin qui abreuve notre soif de savoir.

 

"Les uns après les autres, des héros incertains découvrent que le coeur de la forêt est vide, que leur voyage va au devant de l'artifice, que la nature n'est qu'un leurre de plus - leurre mesurable, leurre descriptible, leurre admirable suivant qu'on a l'esprit froid ou sensible - mais leurre qui n'en ramène pas moins l'homme à la prison de sa solitude. Au dedans, au dehors, il n'y a pas de différence; il n'est pas de détour qui ne ramène inexorablement vers le même néant."

(Annie Le Brun "Les châteaux de la subversion")

23:11 Écrit par joE dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : subversion, neant |  Facebook |

Commentaires

jolie geste madame

Écrit par : lambair | 27/01/2012

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